La fin de l’hégémonie de la monarchie hispanique. La paix de Westphalie

Au XVIIe siècle, la famille des Habsbourg impose sa puissance en Europe. Les Habsbourg d’Espagne règnent sur des territoires étendus notamment grâce à leurs colonies d’Amérique. Ils possèdent aussi de redoutables armées qui leur permettent de dominer l’Europe. Les Habsbourg d’Autriche, quant à eux, possèdent le titre d’empereur du Saint-Empire romain germanique.

Cependant cette domination est contestée et les guerres son nombreuses. La guerre de Trente Ans (1618-1648) s’inscrit dans le prolongement des guerres de religion qui ont opposé les princes protestants et catholiques au sein même du Saint-Empire, et de l’affrontement entre la France et les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche, qui avaient marqué le siècle précédent.

Lorsqu’en Bohême, le roi Ferdinand II décide de restreindre les libertés religieuses, les princes protestants réagissent énergiquement : les gouverneurs royaux sont défenestrés, le roi est destitué et remplacé par l’Electeur palatin Frédéric V, calviniste et chef de l’Union évangélique. Ferdinand, élu empereur, riposte en déclenchant les hostilités militaires. Avec l’appui du roi d’Espagne, l’empereur parvient à soumettre la Bohême qui perd ses libertés à la suite de la défaite protestante à la bataille de la Montagne Blanche, près de Prague (1620)

En 1621, l’Espagne, reprend la guerre contre les Provinces-Unies. Les États protestants du nord de l’Allemagne, se sentant menacés par les catholiques, font appel au roi du Danemark Christian IV. Mis en échec, celui-ci est contraint de signer la paix de Lübeck en 1629. Puis l’empereur oblige les princes protestants à rendre à l’Église catholique les biens qu’ils lui avaient confisqués. Les succès des Habsbourg catholiques ne font qu’accroître l’hostilité de leurs rivaux confessionnels et de leurs adversaires politiques.

Soutenue financièrement par la France catholique, la Suède protestante entre en guerre afin de soutenir les reformés allemands. Après avoir remporté quelques brillantes victoires, le roi de Suède Gustave II Adolphe meurt sur le champ de bataille à Lützen. La France choisit alors d’entrer ouvertement dans le conflit contre les Habsbourg du Saint-Empire et d’Espagne, et remporte d’importants victoires (Rocroi, Lens) qui contraignent le nouvel empereur, Ferdinand III, à signer la paix en 1648 et marquent la fin de l’hégémonie espagnole en Europe.

Les négociations prennent la forme d’un grand congrès européen et durent quatre ans. Elles se déroulent à Münster et à Osnabrück, en Westphalie, province d’Allemagne. Parvenant à ses fins, la France démantèle l’édifice stratégique hispano-germanique et établit l’équilibre de forces sur lequel se fonde le nouvel ordre européen. L’Espagne perd sa suprématie au profit de puissances nouvelles : la France, la Hollande, l’Angleterre.

À Münster, l’Espagne reconnaît l’indépendance de la Hollande à laquelle elle laisse le droit de fermer les bouches de l’Escaut ; cela signifie la ruine d’Anvers et le triomphe d’Amsterdam comme place de commerce. L’autorité de l’empereur est dorénavant strictement limitée par rapport aux États de l’Empire, qui deviennent des territoires souverains. La liberté de culte est partout réaffirmée. L’équilibre issu du traité de Westphalie (1648) se modifie donc à l’avantage de la France et Louis XIV.

Après les traités de Westphalie, l’Espagne continue la guerre contre la France, car elle espère conserver l’unité politique de la péninsule Ibérique en reconquérant la Catalogne et le Portugal. Elle obtient satisfaction sur le premier point, non sans concessions. Par le traité des Pyrénées (1659), elle cède à l’Angleterre la ville de Dunkerque et la Jamaïque et à la France l’Artois, le Roussillon et la Cerdagne. En revanche, en 1668, elle doit reconnaître l’indépendance du Portugal.

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