La Guerre civile

Introduction

La guerre d’Espagne, est un conflit qui opposa le camp des « nationalistes » à celui des « républicains ». Elle se déroula de juillet 1936 à avril 1939 et s’acheva par la défaite des républicains et l’établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu’à sa mort en 1975.

Le camp « nationaliste » se fédéra par l’union des républicains conservateurs, des monarchistes –carlistes et alphonsines– et des phalangistes de José Antonio Primo de Rivera, plus proche du fascisme. Ils se dénommaient eux-mêmes nacionales (« nationaux »), tandis que leurs opposants les appelaient fascistas (fascistes) ou facciosos (« factieux ») ; quand le général Franco prit leur tête, on se mit à les désigner également sous le nom de « franquistes ».

Le camp républicain se composait quant à lui de différentes forces unies contre le front nationaliste. De nombreux militants, issus de tendances diverses (républicains laïcs et plutôt socialement conservateurs, anarchistes, communistes, socialistes, etc.), surnommés rojos (les « rouges ») par leurs ennemis, s’engagèrent aux côtés des forces armées loyales envers la République espagnole, certains pour défendre la démocratie parlementaire et d’autres pour tenter de constituer des formes alternatives de gouvernement.

Causes de la guerre civile

On a recherché les causes lointaines de cette crise d’une ampleur inaccoutumée dans les déséquilibres profonds, hérités du XIXe siècle, dont souffrait la société espagnole :

  • déséquilibres sociaux : la répartition très inégale de la propriété, surtout dans le Sud ; les dures conditions de vie subies par la population ouvrière.
  • déséquilibres régionaux : un développement inégal oppose, mentalement et, matériellement, au sein de l’État, d’anciennes formations historiques. On comprendrait mal la guerre dans ses origines et son déroulement, si l’on ignorait la vigueur des sentiments de groupe des nationalismes périphériques.
  • déséquilibres spirituels : l’Église catholique garde une prétention dominatrice, à quoi répond un anticléricalisme militant, politico-idéologique dans une certaine bourgeoisie, passionnel dans les masses populaires anarchisantes.

Ajoutons qu’à cette époque de grandes luttes idéologiques entre communisme, fascisme et libéralisme se déroulent en Europe et que l’écho en a retenti en Espagne. De même pour les conséquences de la crise économique mondiale qui débute en 1929. Elle a stoppé l’émigration, augmenté la pression démographique et amené un effondrement du commerce extérieur, qui est descendu au tiers de ce qu’il était sous Primo de Rivera. La production minière et sidérurgique a subi un recul. Le nombre des chômeurs atteignit un niveau inquiétant.

Pendant la IIe République, l’exaspération de tous les conflits, entre possédants et prolétaires, entre catholiques et anticléricaux, entre centralistes et régionalistes rendait problématique le fonctionnement d’une véritable démocratie faute d’une base solide et, par contre, ouvrait la voie soit d’une révolution soit d’une  dictature militaire. Et cela d’autant plus que, de part et d’autre, on n’écartait nullement le recours à la force. Dans l’armée revivait l’ancienne tradition des pronunciamientos. Du côté des masses ouvrières et chez les paysans les plus misérables dominait l’esprit révolutionnaire. Nulle part l’anarcho-syndicalisme, groupé dans la C.N.T. et poussé par les éléments beaucoup plus actifs de la F.A.I. (Federación anarquista ibérica), n’était aussi puissant. Et si le communisme ne comptait que peu de militants, toute une fraction du parti socialiste et de l’U.G.T., menée par Largo Caballero, n’était plus disposée à se contenter de simples réformes. La constitution, en 1933, d’un nouveau parti réunissant la Phalange de José Antonio Primo de Rivera, fils du dictateur, et les Juntes offensives national-syndicalistes (J.O.N.S.) augmentait encore le nombre des partisans de la manière forte. C’est ainsi qu’on en arriva au terrible affrontement de 1936.

Préparé de longue date, le soulèvement militaire et civil du camp franquiste éclata le 17 juillet 1936, mais sa mise en échec partielle contraignit les deux camps à se livrer une guerre totale imprévue, longue et meurtrière. Car c’est dans la mesure où le pronunciamiento échoue dans les parties vitales de la nation, qu’il va signifier révolution et guerre civile.

En effet le coup d´État réussit, en ce sens qu’il prive la République d’à peu près tous les cadres des forces armées ; au XIXe siècle jamais gouvernement n’a résisté dans ce cas. Mais le coup d’État échoue, en ce sens que l’armée ne reconstitue les pouvoirs que sur une partie restreinte du territoire ; ailleurs la population la désarme, et le gouvernement ne s’avoue pas vaincu, malgré la destruction de l’instrument militaire. C´est ici qui jouent les grands changements. Le pronunciamiento n’a été capable de s’imposer contre la masse. L’armée, pour la première fois, c’est aussi les soldats. Le peuple, d’autre part, ce n’est plus une foule vague : partis, syndicats font des cadres aux combattants populaires dès que le pouvoir accepte de s’appuyer sur eux. Désormais la force des chefs militaires a un contrepoids.

El « pronunciamiento »

Le complot militaire

L’échec électoral de la CEDA aux élections de février 1936 a discrédité Gil Robles au bénéfice des partisans du coup d’État et dès le lendemain des élections des complots militaires se forment. Le ministre de la Guerre déplace les généraux soupçonnés de conspiration : Emilio Mola est muté à Pampelune, Franco aux îles Canaries et Goded, aux îles Baléares. Toutefois, les premiers gouvernements de Front populaire (gouvernement Azaña puis Casarés Quiroga) sont plus modérés que ceux du premier exercice biennal et n’incluent pas de ministres socialistes.

Le général Mola, sous le pseudonyme de Director, prend en charge la préparation du putsch et étend son réseau aux garnisons, avec l’aide de l’Union Militaire Espagnole (UME), une société militaire. Finalement, la conspiration réussit à rallier non seulement des militaires mécontents et ennemis du régime, mais aussi une paire de généraux républicains : Gonzalo Queipo de Llano et Miguel Cabanellas, se rallient aux opposants au nouveau régime.

En revanche, Mola ne parvient pas à convaincre Franco ; toutefois, tous les conjurés espèrent le persuader de les rejoindre. Juan March finance la location d’un avion britannique (Dragon Rapide) que Luis Bolín, correspondant d’ABC à Londres, fait envoyer aux îles Canaries. Dans l’hypothèse du ralliement de Franco à la conspiration, l’appareil devait servir à le transporter au Maroc.

L’assassinat de Calvo Sotelo, le 13 juillet 1936, par les gardes d’assaut qui vengeaient leur camarade, le lieutenant José Castillo, officier de gauche abattu par des phalangistes, détermine à la fois la date du soulèvement et l’engagement de Franco. Il avise Mola par télégramme de sa participation prépare son départ clandestin pour le Maroc.et  en met le feu aux poudres. La date choisie pour le golpe, le 18 juillet allait entrer dans l’Histoire.

Le coup d’État raté et l’enlisement

Le coup d’État, ou pronunciamiento, débute le 17 juillet au Maroc espagnol où Franco prend le commandement des troupes, après être arrivé en avion des îles Canaries via le Maroc français, mettant sa femme et sa fille en lieu sûr à Casablanca. Le putsch touche l’ensemble de la métropole dès le lendemain.

Quand l’insurrection éclate, le gouvernement républicain se trouve paralysé. Ses premiers communiqués, au bout de 24 heures, se veulent rassurants, reconnaissant seulement qu’une partie de l’armée s’est soulevée au Maroc. À Séville, des travailleurs désarmés tentent en vain de s’opposer au soulèvement, dirigé par Queipo de Llano ; le gouvernement refuse de donner des armes aux travailleurs qui en réclament, menaçant de faire fusiller ceux qui leur en fourniraient.

Le gouvernement républicain tente une conciliation avec les militaires. Le président Manuel Azaña propose la mise en place d’un gouvernement de compromis à la place du Frente popular : le 18 juillet, il nomme Diego Martínez Barrio chef du gouvernement, mais doit rapidement constater l’échec de ses efforts. Ni du côté nationaliste avec Mola, ni du côté républicain avec le socialiste Francisco Largo Caballero, on ne veut de compromis. L’issue guerrière est inévitable, et dès le lendemain de sa nomination, Martinez Barrio démissionne, remplacé par José Giral.

Le 17 juillet, à Barcelone, les militants de la CNT commencent à s’armer, dans les arsenaux et les chantiers navals. Leur détermination fait basculer de leur côté la Garde civile et la Garde d’Assaut, obligeant les militaires à capituler dans cette ville qui est la deuxième du pays. Quand le gouvernement décide de donner des armes à la population, celle-ci est, de fait, déjà armée.

À Madrid, des armes sont finalement distribuées, là aussi, aux ouvriers, mais dépourvues de culasses. La population lance cependant un assaut, le 20 juillet, contre la caserne de la Montana, et s’en empare.

Si certaines régions tombent rapidement (Navarre, Castille-et-León, Galice, Andalousie occidentale, grandes villes d’Aragon), le reste du pays reste fidèle à la République. Madrid, Valence et Barcelone, malgré le soulèvement de la garnison locale, restent aux mains des républicains, grâce notamment aux milices ouvrières très vite mobilisées. Au bout d’une semaine, le pays est coupé en deux zones à peu près égales : d’un côté les nationalistes, de l’autre les républicains qui conservent les régions les plus riches et les plus industrielles.

Le rapport de forces

Les forces en présence sont équilibrées au commencement du conflit. Il semble qu’au début de 1937, chaque camp dispose d’environ 500 000 hommes. L’armée espagnole, avant la guerre, est plutôt médiocre, avec un matériel hors d’âge et des tactiques d’un autre temps.

La livraison d’armes allemandes et italiennes permet une nette amélioration de l’armement de l’armée nationaliste. Les avions italiens se révèlent décisifs lors des premiers jours du conflit, en permettant aux troupes franquistes de franchir le détroit de Gibraltar. Des firmes étrangères telles que Ford et Texaco fourniront également, à crédit, camions et carburant en quantités importantes. De plus, les nationalistes disposent des troupes les plus aguerries : les Maures et les « Tercios » de la Bandéra (Légion étrangère espagnole). Stationnées au Maroc espagnol, elles sont commandées par des officiers qui ont l’expérience des guerres coloniales.

Les républicains sont quant à eux progressivement équipés d’armes soviétiques, mais l’approvisionnement pose problème en raison du blocus maritime des puissances européennes, plus relâché du côté nationaliste. Moscou enverra aussi des conseillers militaires, essentiellement utilisés pour faire fonctionner les avions et les chars, ainsi que des commissaires politiques du Komintern, essentiellement pour assurer la répression au sein des forces communistes dissidentes, tels que les trotskistes et les militants du POUM.

Les problèmes majeurs, pour les républicains, se posent du côté de l’organisation. En effet, il s’agit d’une armée populaire créée de toutes pièces, et n’obéissant pas au gouvernement, car basée sur l’idée d’une défense populaire assurée par chaque citoyen, sans commandement centralisé. Devant l’échec de cette organisation, le gouvernement a tenté de créer une armée populaire sous la forme d’un corps national (en place au printemps 1937), avec une discipline et un commandement communs. Ces hésitations reflètent l’opposition entre communistes, tenants d’une armée organisée, et anarchistes, partisans d’une défense populaire.

En règle générale, l’armée républicaine souffre d’une carence en officiers d’active qui ont pour beaucoup choisi de rejoindre le camp nationaliste. La plupart des bâtiments de la Marine sont restés aux mains de la République, mais les marins, sans leurs officiers, ne sont pas capables d’en faire un bon usage.

L’internationalisation du conflit

L’aide apportée aux nationalistes

Les militaires insurgés, dès lors qu’ils n’ont pas remporté une victoire immédiate, et surtout qu’ils se heurtent à une résistance plus forte, ont absolument besoin d’une aide extérieure. Ils vont la recevoir très vite, en particulier du Portugal, d’Italie et d’Allemagne.

L’aide italienne au camp nationaliste, limitée au début du conflit à l’envoi d’une douzaine de bombardiers, devient massive dès la fin de l’année 1936 après l’échec de Franco devant Madrid. Elle se matérialise par des livraisons importantes de matériel (près de 700 avions et 950 chars) mais surtout par l’envoi de nombreux soldats. Le corps des volontaires italiens (CTV) atteint jusqu’à 50 000 hommes.

Pour Mussolini la guerre en Espagne est l’occasion d’effectuer une propagande d’ampleur internationale. Mussolini a aussi des intérêts économiques (des armes italiennes sont vendues aux nationalistes) et stratégiques (utopie d’une mainmise sur la Méditerranée, qui passerait notamment par l’annexion des îles Baléares espagnoles).

Dès le 22 juillet 1936, Franco adresse une demande d’aide en matériel, en avions et en experts à Hitler. La demande est transmise au Führer qui répond avec empressement en donnant son accord pour l’envoi des premiers junkers. En octobre 1936, l’amiral Canaris propose à Franco la création d’une unité aérienne spéciale, c’est ainsi qu’est créée la Légion Condor. Il s’agit d’une force d’élite, essentiellement composée d’aviateurs, d’artilleurs et, en petit nombre, de tankistes. L’effectif présent sur le terrain ne dépasse jamais 10 000 hommes et il reste strictement sous commandement allemand.  La Légion Condor dispose d’un armement très moderne, servi par des spécialistes, qui viennent effectuer une « période » en Espagne. Pour les militaires allemands, le champ de bataille espagnol est seulement un terrain de manœuvre.  Hitler s’assure aussi le contrôle des minerais espagnols dont l’Allemagne a un urgent besoin pour développer son industrie d’armement.

Les nationalistes ont également obtenu l’aide du Portugal de Salazar qui enverra une légion de 20 000 hommes (appelés Viriatos).  On peut noter aussi le renfort plus anecdotique des 600 Irlandais de la Légion Saint-Patrick ou des français de la « Bandera Jeanne d’Arc ».

L’armée franquiste était dépendante du pétrole fourni par des compagnies pétrolières américaines. Les États-Unis ont donc joué un rôle indirect mais décisif dans le déroulement du conflit.

La non-intervention de la France et du Royaume-Uni

La non-intervention est le nom donné à la politique de la France et du Royaume-Uni pendant la Guerre d’Espagne.

Le Gouvernement Giral, le 20 juillet 1936, demande à la France l’envoi  immédiat d’un armement dont la République espagnole a un besoin urgent.  Le chef du gouvernement français, le socialiste Léon Blum de tout cœur avec les Républicains, répond d’abord positivement : un accord se fait sur la livraison du matériel demandé. Mais l’attaché militaire à l’ambassade d’Espagne en France révèle le projet d’envoyer vingt-cinq avions, ce qui déclenche une très violente campagne de presse, animée notamment par L’Écho de Paris et L’Action française. Alors Léon Blum doit faire marche arrière devant l’opposition de la droite, des radicaux (Édouard Herriot), du président modéré Albert Lebrun. La position du Royaume-Uni fut déterminante : celui-ci aurait affirmé qu’en cas d’intervention française en Espagne, la France ne pourrait plus compter sur l’aide des britanniques face à l’Allemagne. Enfin, il ne faut pas négliger le fort pacifisme de l’opinion
publique, lié au traumatisme vis-à-vis du conflit de la Première Guerre mondiale. C’est pourquoi, le choix est fait d’appliquer une politique de « non-intervention », seule solution permettant d’associer les Britanniques au règlement du conflit.

Côté britannique, le gouvernement de Neville Chamberlain et les élites voient l’Espagne comme un pays en pleine révolution « communiste ». De plus, tout est fait pour éviter un conflit avec les puissances totalitaires : on pense qu’en étant conciliant avec l’Allemagne, on peut arriver à s’entendre avec Hitler sur ses ambitions expansionnistes.

C’est dans ce contexte que Léon Blum propose le pacte de non-intervention, signé par la quasi-totalité des pays européens. Un comité est créé à Londres pour en définir les modalités. Chaque pays se voit chargé d’empêcher la livraison d’armes en Espagne : les Britanniques doivent assurer le respect d’un embargo sur les armes dans l’Atlantique, la France dans les Pyrénées, et l’Italie sur la côte méditerranéenne. Cependant, ce pacte est une énorme hypocrisie. À l’exception des Britanniques qui font respecter l’embargo avec grand soin sur l’Atlantique, l’Allemagne nazie et le gouvernement de l’Italien Mussolini commencent rapidement leurs livraisons aux nationalistes. Dès septembre 1936, l’Union soviétique dénonce la situation et entame à son tour des livraisons d’armes aux Républicains.

Léon Blum choisit dès lors la « non-intervention relâchée » (l’expression est de lui) : si officiellement, l’embargo est respecté, les autorités françaises ferment les yeux sur le trafic d’armes qui s’organise autour de la frontière catalane et à Barcelone, tandis que Pierre Cot et Jules Moch, ministres du Front populaire, organisent une aide clandestine, principalement via des contrats fictifs avec le Mexique et la Lituanie, qui n’avaient pas signé le pacte de non-intervention et rétrocédaient les armes livrées à l’Espagne républicaine. 124 avions civils et militaires furent livrés au cours du second semestre 1936. Jean Moulin prend une part active à cette assistance.

La participation de l’Union soviétique

La décision prise par Staline d’expédier des armes russes en Espagne n’a pas été immédiate. Le Gouvernement soviétique ne se sent pas, au départ, concerné au premier chef par la Révolution espagnole. Le moment serait d’ailleurs mal choisi pour se lancer dans une aventure de cette importance. Incontestablement préoccupé par la menace allemande à proximité des frontières russes, Staline cherche plutôt à conclure des alliances militaires avec la France et le Royaume-Uni, cette préoccupation primant sur un soutien à une révolution prolétarienne internationale qui risquerait de lui aliéner ces pays.

L’aide russe commence à arriver en Espagne à la fin du mois d’octobre 1936, suite à une demande pressante du nouveau chef du gouvernement de Madrid, Largo Caballero. L’envoi des armes soviétiques va permettre au gouvernement républicain d’équiper véritablement son armée et d’arrêter les nationalistes devant Madrid. Blindés, camions, avions, artillerie sont acheminés à partir des ports russes de la Mer Noire et deviennent un élément irremplaçable pour les chefs militaires espagnols. L’essentiel de l’aviation républicaine se trouve constitué très vite par les avions d’origine russe.

A aucun moment cependant l’appui fourni par Staline n’a pris un caractère désintéressé. L’État soviétique  entend faire payer les fournitures militaires. Une part importante de l’or de la Banque d’Espagne, transportée en Union Soviétique, sert à régler les ventes d’armes effectuées en Russie.

Après les accords de Munich (septembre 1938), l’aide soviétique décroît rapidement.

Les Brigades internationales

Aux côtés des républicains, des volontaires venus du monde entier, souvent des communistes, des marxistes, des socialistes ou des anarchistes, mais aussi des antifascistes plus modérés, se sont engagés dans des groupes qui ont pris le nom de Brigades internationales. Les effectifs estimés seraient de 30.000 à 35.000 hommes. C’est la Komintern qui se charge du recrutement des volontaires et de son acheminement ver l’Espagne. La  XIe Brigade, la première à être engagé, arrive à Madrid le 7 novembre.

Les opérations militaires

Sur le plan militaire, la guerre d’Espagne présente les caractéristiques suivantes. Il s’agit tout d’abord d’une guerre qui, sauf dans sa dernière phase, se déroule sur plusieurs fronts à la fois. La guerre comporte sur ces différents fronts une succession de phases de mouvement et de longues phases de guerre de position avec utilisation de tranchées. Les républicains, par tactique ou par obligation, sont souvent sur la défensive, en résistant d’ailleurs souvent bien. Leurs offensives sont presque toujours de faible ampleur, mal conçues, rapidement stoppées voire contrées, et se traduisent souvent par des pertes (humaines et matérielles) importantes. Cette situation contribue à affaiblir progressivement le camp républicain.

Quand la guerre proprement dite commence, fin juillet 1936, tout semble bloqué mais l’aide extérieure de l’Allemagne et de l’Italie, futures puissances de l’Axe, permet aux troupes du Maroc (les plus compétentes et les mieux entraînées) emmenées par Franco de passer le détroit de Gibraltar le 5 août et de rejoindre le reste de l’armée et 15 000 carlistes emmenés par Mola. Au total, 62 000 troupes du Maroc servirent dans les forces nationalistes dont 37 000 sont engagées au printemps 1937. Les troupes marocaines progressent vers le nord, en attaquant durement les villes et villages rencontrés. Simultanément, dans le nord du pays, des combats opposent les républicains aux requêtes carlistes, en particulier au Pays basque et à proximité de la frontière française. Dans les zones contrôlées par la République, des mouvements de contre-offensive se lancent. Trois colonnes se forment pour essayer de reconquérir du terrain sur les territoires nationalistes ; la plus célèbre est sans doute la « colonne Durruti », du nom de son commandant, Buenaventura Durruti. Par ailleurs, les républicains ont reconquis Minorque mais échoué à prendre le contrôle du reste des Baléares.

En octobre, Franco doit faire un choix stratégique : aux portes de la capitale, il préfère détourner ses troupes au sud, vers Tolède pour aller sauver les insurgés assiégés dans l’Alcazar. Ceci laisse le temps aux Madrilènes d’organiser la défense. Lorsque les nationalistes atteignent Madrid en novembre 1936, la défense est acharnée : chaque rue est défendue (avec le célèbre slogan de La Pasionaria, « ¡No pasarán! »). Autour de la capitale, plusieurs opérations ont lieu en février et mars 1937, en particulier la bataille du Jarama et la bataille de Guadalajara. Malgré des pertes très lourdes, la ville tient bon et en mars 1937, les nationalistes doivent se rendre à l’évidence : la prise de Madrid a échoué.

  • Réduction des fronts encerclés : l’offensive au Nord

Ils décident donc de s’occuper d’abord des poches de résistances républicaines que sont le Pays basque et les Asturies. Une première campagne se déroule autour de Bilbao, que les républicains ont entourée d’une « ceinture de fer » qui n’a guère contribué à ralentir les nationalistes, qui parviennent à prendre la ville le 19 juin et à contrôler le reste de la province dans les jours suivants. En août, les combats se portent dans la région de Santander, qui tombe le 26 août. Les Asturies restent alors seules dans le nord de l’Espagne à rester sous contrôle de la République. Cette petite zone résiste longtemps mais doit capituler le 17 octobre, laissant ainsi les forces nationalistes entièrement maîtresses de la côte atlantique.

Entre temps, les républicains se lancent dans d’autres offensives, en particulier à Brunete et à Belchite, pour obliger le commandement franquiste à distraire des troupes du Nord, procurant ainsi un répit a son armée, mais ces combats meurtriers ne leur permettent qu’une progression limitée.

  • La bataille de Teruel

Dans les derniers jours de l’année 1937, les troupes républicaines engagent le combat pour Teruel qu’elles parviennent à prendre lors de combats qui se déroulent dans des conditions très rudes pour les deux camps, notamment en raison du grand froid qui règne à Teruel cet hiver-là. Cette opération est toutefois contrecarrée et la ville est reprise par les nationalistes après moins d’un mois. Après la reprise de Teruel, l’armée nationaliste poursuit l’offensive et parvient à gagner la côte, le 6 avril, coupant ainsi en deux le territoire contrôlé par les républicains.

  • La bataille de l’Ebre et la chute de la Catalogne. La fin de la guerre

Ceux-ci essaient encore d’attaquer lors de la bataille de l’Èbre (à partir du 25 juillet 1938) mais c’est un nouvel échec : les républicains sont contraints de repasser l’Èbre au prix de pertes importantes. Dès lors, le sort du conflit est scellé : la Catalogne est conquise sans grande résistance en février 1939. Dans la capitale, le coup d’État anti-communiste de Casado démobilise la résistance : Madrid est tombé avec peu de combats. Le reste de l’Espagne est enlevé dans le mois, les derniers combats ayant eu lieu à Alicante. Le 1er avril 1939, Franco peut annoncer que « la guerre est finie ».

L’évolution politique

Zone républicaine : de l’éclatement de la révolution … au rétablissement de
l’autorité de l’État

En tentant le coup d’État de juillet 1936, les militaires ont en fait déclenché la révolution sociale dans certains territoires restés sous contrôle républicain. Le processus de collectivisation, prôné par les anarchistes et freiné par les communistes qui subordonnaient tout à la conduite de la guerre, atteignit son maximum, à la campagne en Aragon, dans les usines en Catalogne

Le gouvernement Giral, ne disposant plus d’aucune force de police, d’armée ou de justice, se trouve débordé par les comités populaires qui se mettent en place à l’initiative des syndicats et des partis de gauche. Ces organes d’un nouveau pouvoir, organisent des milices pour combattre les nationalistes, réorganisent les transports, l’approvisionnement des villes, transformant des usines pour les besoins de la guerre.

Les autorités légales ont perdu tout pouvoir et se révèlentincapables de mener à bien les deux tâches préalables à toute offensive : rétablir l’autorité de l’État et diriger les opérations militaires d’une manière efficace par la constitution d’une armée.

Le 4 septembre 1936, Giral cède la présidence du gouvernement à Largo Caballero, chef de la gauche socialiste, qui forme un gouvernement plus conforme à la composition des forces antifascistes, avec la participation de ministres républicaines, socialistes, communistes et, finalement en novembre, anarchistes. On commence à organiser une armée à partir des milices populaires, mais sous le contrôle de commissaires politiques. Tout de même la coalition manquait de solidité ; le désaccord était patent entre communistes et anarchistes. Un débat politique faisait rage : il fallait poursuivre la révolution sociale commencée ou bien gagner d’abord la guerre rassemblant tous ceux qui refusaient le fascisme ? Tandis que les anarchistes de la CNT et les communistes non staliniens du POUM soutenaient que la guerre ne pouvait être gagnée qu’en poursuivant la révolution qui avait été déclenchée par la rébellion des militaires soulevés en juillet, les communistes du PCE et d’autres partis politiques modérés tentaient de contenir, voire d’éradiquer, la force révolutionnaire. Ils craignaient que l’appel de l’extrême gauche à l’expropriation ne dresse contre eux à la fois les classes moyennes et les investisseurs étrangers : il fallait faire la guerre uniquement pour sauver la République. En mai 1937, les deux camps s’opposèrent violemment à Barcelone. Après une semaine de batailles de rues et des centaines de morts, la Généralité impose son autorité, avec l’aide du gouvernement central qui achemine aussitôt de troupes vers Barcelone. La CNT doit renoncer à sa position dominante et le POUM est mis hors la loi.

Le 17 mai 1937, Juan Negrín succéda à Largo Caballero à la tête d’un gouvernement, qui orienta sa politique en trois directions :

  • sur le plan intérieur, il s’efforce de rétablir l’autorité de l’État et d’ajourner les mesures révolutionnaires. Après la remise en ordre en Catalogne, le Conseil d’Aragon, dominé par les anarchistes, est dissous en août 1937. Les anarchistes ne participèrent plus au gouvernement, et, jusqu’aux derniers jours de la guerre, l’influence communiste fut prépondérante, en raison de la nécessité absolue du soutien soviétique.
  • sur le plan militaire, une série d’offensives vise à redonner l’initiative à l’armée républicaine, une armée reconstituée avec un commandement unifié.
  • sur le plan diplomatique, il s’agit de convaincre les démocraties occidentales que le combat de l’Espagne républicaine est aussi le leur et que sa défaite sera le prélude de sa propre défaite.  Il mit son espoir dans l’imminence d’une guerre européenne opposant les démocraties libérales à l’Axe ; pour prolonger la lutte jusque-là, il se rapprocha du Parti communiste, le seul qui fût organisé, influent et résolu.

Mais l’avance rapide de l’armée nationaliste l’obligea à quitter Barcelone (où il avait transféré le siège du gouvernement auparavant à Valence) pour gagner Toulouse (févr. 1939).   Rentré à Alicante, il se heurta, en mars 1939, à une conjuration de militaires, d’anarchistes et de modérés, dirigée à Madrid par le colonel Casado.

Zone franquiste : l’ascension au pouvoir de Franco

En principe, dans la zone « soulevée », la généralisation de « l’état de guerre » (28 juillet) mettait l’Ordre et la Justice aux mains de l’Armée. Comme il fallait disposer rapidement d’un organe  diplomatiquement et administrativement responsable, les militaires soulevés créèrent une « Junte de  défense » présidée, à Burgos, par le général Cabanellas.

Quelques jours après la délivrance de l’Alcazar de Tolède, la Junte de Burgos décide nommer « Généralissime » le général Franco et le 1er octobre il fut proclamé aussi « Chef du gouvernement de l’État ».

Dans la zone nationaliste, c’était également une coalition qui soutenait les généraux. Elle comprenait les monarchistes alphonsistes et les amis de Gil Robles, mais les éléments les plus actifs étaient les carlistes et les phalangistes, ceux-ci privés de leur chef, José Antonio Primo de Rivera, emprisonné puis exécuté à Alicante. Ils sont divisés sur la nature du régime politique à instaurer après la victoire. Les conjurés de juillet n’étaient d’accord que sur un point : il fallait supprimer le régime parlementaire. Franco tirera profit de ces divisions pour établir son pouvoir personnel.

En avril 1937, Franco réussit à associer carlistes et phalangistes dans un parti unique –Phalange espagnole traditionnaliste et des Juntes d’offensive national-syndicaliste (FET de las JONS)–, dont lui-même prend la présidence. Cette cohésion fut un des facteurs essentiels du succès.

Le 30 janvier 1938, Franco forme son premier gouvernement. Il réunit tous les pouvoirs : il est à la fois chef de l’État, chef du gouvernement, chef des armées, chef du parti unique.

Violences et exécutions

La guerre d’Espagne a été particulièrement violente, surtout lors des grandes batailles (Teruel, mais surtout bataille de l’Èbre). Mais la guerre a également été marquée par des tueries en dehors des combats à proprement parler. Il y a eu des exécutions, parfois sommaires, parfois organisées et même précédées de jugements hâtifs.

En zone nationaliste

Les militaires fidèles au gouvernement sont les premières victimes partout où les rebelles prennent le pouvoir (hors de tout combat). Il s’ensuit le massacre des militants et sympathisants des syndicats et organisations de gauche à partir de listes établies à l’avance. Au fur et à mesure de la progression des troupes rebelles et de la prise des villes et villages au tout début de la guerre, les militants et sympathisants de la République sont systématiquement arrêtés, emprisonnés ou fusillés. Ce seront ainsi des dizaines de milliers de victimes qui seront exécutées sommairement.

Un des plus grands massacres collectifs a lieu les 14 et 15 août 1936 à Badajoz, en Extremadure, où de nombreux miliciens désarmés sont sommairement fusillés, lorsque les nationalistes, principalement des unités de la Légion, s’emparent de la ville. Ce massacre a été révélé pour la première fois par deux journalistes français et un journaliste portugais.La fin de la guerre n’a pas signifié pour autant le retour à la paix. Les exécutions se poursuivront au cours des années suivantes, manifestant la soif de vengeance des vainqueurs caractérisant le régime dictatorial pendant de longues années et la misère et la terreur pour les vaincus.

En zone républicaine

Les massacres des opposants commencent dès le début de la rébellion. L’appartenance sociale ou politique suffit la plupart du temps dans l’acte d’accusation pour justifier une exécution. Ce fut le cas par exemple pour les officiers de la garnison de Lérida, les officiers de la base navale de Minorque et ceux de Carthagène. Ce fut aussi le cas pour les députés de droite pourchassés en zone républicaine et dont 24 sont exécutés.

Les prêtres et les religieuses sont parmi les autres principales victimes de ces massacres, notamment en Catalogne. Selon les études consacrées à la fureur qui a saisi l’Espagne en 1936, plus de 7 000 religieux dont 13 évêques, 4 184 prêtres, 2 365 moines et 283 religieuses ont été assassinés durant cette période. Soit 88 % du clergé dans le seul diocèse de Barbastro (Aragon), dont l’évêque, Mgr Asensio Barroso. Neuf diocèses perdirent ainsi plus de la moitié de leur clergé, la seule appartenance à ce dernier étant justiciable d’une exécution sommaire. Ceux qui ont pu y échapper se trouvaient en zone nationaliste, ou avaient pu fuir, se cacher ou bénéficier de protections. À ces tueries s’ajoutèrent les incendies d’églises et de couvents, les profanations d’autels et de sépultures. En septembre 1936, devant des réfugiés espagnols, le pape Pie XI dénonçait ce qu’il désignait comme une « haine de Dieu satanique professée par les républicains ». . La conséquence immédiate sera le ralliement de nombreux centristes catholiques aux militaires insurgés.

À partir du 23 août, des tribunaux populaires donnent un formalisme juridique aux exécutions. Des commissions d’épuration sont mises en place afin de recenser les suspects à partir de leurs antécédents sociopolitiques. En Asturies par exemple, elles dressent les listes des sympathisants des partis de droite dont les « plus chanceux » sont victimes d’expropriation.

À Madrid, des exécutions sommaires massives ont lieu à partir notamment du 22 août 1936, et coûtent la vie à plusieurs anciens ministres de la République comme José Martínez de Velasco, Manuel Rico, Ramón Álvarez ainsi qu’à Melquíades Álvarez, chef du parti libéral-républicain et Fernando Primo de Rivera, frère du fondateur de la Phalange.

Du 2 au 6 novembre 1936, cinq mille personnes sont fusillées à Paracuellos et Torrejón de Ardoz, et enterrées dans des fosses communes. Les victimes sont à la fois des détenus madrilènes évacués de la ville, des étudiants d’un collège catholique et les membres de familles aisées de la ville.

Bilan de la Guerre civile

Particulièrement violente, et durablement traumatisante, la guerre d’Espagne est tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions. Elle vit en particulier les premiers bombardements militaires sur les civils, perpétrés par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, alliés de Franco, l’élimination du POUM antistalinien par le NKVD et l’assassinat de plusieurs responsables POUMistes et anarchistes par le Parti communiste espagnol, des massacres spontanés de suspects, d’hommes d’Église ou de membres des classes moyennes et dirigeantes par des anarchistes et des communistes dans les mois qui suivirent la sédition militaire, tandis que le nouvel État nationaliste se construisait à travers la terreur et l’épuration systématiques. En particulier, les franquistes refusèrent toutes les propositions adverses de compromis et poursuivirent, après leur victoire, une répression incessante et de très grande ampleur.

Cette guerre civile fut également le théâtre des prémices de la Seconde Guerre mondiale, les futurs belligérants européens commençant à s’y affronter plus ou moins directement : l’Allemagne d’Hitler et l’Italie de Mussolini apportèrent leur soutien à Franco, tandis que l’Union soviétique de Staline vendit des armes aux républicains (tout en cherchant la prise de pouvoir au sein de la République). La France et le Royaume-Uni choisirent la non-intervention et le blocus des exportations d’armes, mais laissèrent les Brigades internationales s’engager aux côtés des républicains.

La guerre d’Espagne divisa et passionna les opinions publiques du monde entier. L’engagement de nombreux intellectuels et artistes auprès des combattants, en particulier dans les Brigades internationales, a contribué à lui faire acquérir très vite une dimension légendaire qui perdure encore.

Victimes

Le chiffre des victimes reste difficile à quantifier. Les sources manquent parfois, soit qu’elles n’aient pas été constituées, soient qu’elles aient disparu. Quand elles existent, elles sont souvent manipulées ou accusées de l’être, et font donc encore parfois l’objet de controverse. Dans les deux camps, on a pu parler d’un million de morts (chiffre énorme pour un pays de 26 millions d’habitants), mais ce chiffre est largement considéré comme exagéré. Actuellement, les estimations les plus sérieuses varient entre 380 000 et 451 000 morts des conséquences directes de la guerre.

Les chiffres suivants sont donc des estimations à prendre avec précautions :

  • 100 000 à 285 000 soldats morts au combat (pertes militaires directes)
  • 10 000 à 150 000 civils morts des bombardements
  • 40 000 à 200 000 exécutions en zone nationaliste
  • 20 000 à 86 000 exécutions en zone républicaine
  • 30 000 à 200 000 exécutions par le gouvernement franquiste entre 1939 et 1943

La seule bataille de l’Èbre aurait fait près de 60 000 victimes.

Il faut ajouter à ces chiffres la surmortalité due à la famine ou aux épidémies mais le chiffre de ces victimes (estimé à 330 000) reste difficile à établir.

Réfugiés et exilés

La guerre a entraîné d’importants mouvements de population, souvent décidés dans la précipitation sans projet précis pour les personnes déplacées. Si certains de ces déplacements se sont faits à l’intérieur de l’Espagne, la guerre a surtout conduit des Espagnols à quitter leur pays, souvent de manière provisoire, parfois de manière définitive.

Les premiers mois, voire les premiers jours de la guerre voient le début de l’exode : depuis le Pays basque, des républicains quittent le pays pour la France ; en Catalogne, ce sont des personnes méfiantes voire hostiles envers les républicains qui partent, par bateau, vers Marseille ou vers l’Algérie.

Par la suite, de nombreuses personnes, républicaines pour la plupart, ont quitté l’Espagne. Les destinations ont été variées, mais c’est la France qui a été la plus choisie, les trois autres grands pays d’exil ou de refuge étant le Royaume-Uni, le Mexique et l’URSS.

L’accueil des arrivants a été très différent d’un endroit à l’autre : tantôt ils étaient bien reçus et faisaient même l’objet d’actions de solidarité, tantôt ils étaient regardés avec méfiance voire hostilité dans une France en crise marquée par certaines formes de
xénophobie.

Chronologie

1936

  • 16 février : Victoire électorale du Frente Popular.
  • 17 juillet et 18 juillet
    • Putsch militaire, mené par Franco, Mola et Queipo de Llano ; ils contrôlent l’armée d’Afrique au Marocespagnol, Séville, Cadix, Cordoue, Algésiras, Pampelune, Valladolid, Burgos.
    • Le Premier ministre Santiago Casares Quiroga démissionne.
  • 19 juillet
    • Les putschistes sont rejoints par les garnisons de Salamanque, Ségovie, Cáceres, Oviedo, Saragosse et de la Galice.
    • Formation du gouvernement de José Giral, avec des représentants de la gauche modérée.
  • 20 juillet
    • Échec du soulèvement nationaliste à Madrid et à Barcelone.
    • Mort dans un accident d’avion du général José Sanjurjo, organisateur du putsch.
  • 23 juillet : Installation de la junte nationaliste espagnole à Burgos.
  • 24 juillet : Début de l’aide de la France aux Républicains espagnols.
  • 30 juillet : Arrivée en Espagne des premiers avions italiens et allemands qui participeront au transport des troupes nationalistes au-dessus du détroit de Gibraltar depuis le Maroc.
  • 1er août : Léon Blum propose la non-intervention en Espagne.
  • 4 août : Avance de l’armée d’Afrique partie de Séville.
  • 8 août : La France ferme ses frontières avec l’Espagne.
  • 14 août : Le colonel Juan Yagüe prend Badajoz, opérant ainsi la jonction entre les zones nationalistes du Nord et duSud.
  • 18 – 19 août : Federico Garcia Lorca est fusillé par des antirépublicains, à Grenade. Il avait 38 ans.
  • 4 septembre : Prise d’Irún par les nationalistes.
  • 5 septembre : LargoCaballero Premier ministre.
  • 9 septembre : Conférence de Londres sur la non-intervention en Espagne.
  • 27 septembre : L’armée nationaliste atteint Tolède et met fin au siège de l’Alcazar par les républicains où le colonel José Moscardó s’était retranché depuis le 22 juillet.
  • En septembre : Le Komintern approuve la création des Brigades internationales en Espagne.
  • 1eroctobre
    • Le général FranciscoFranco est nommé par la junte de Burgos, chef du
      gouvernement national.
    • Le Pays basque vote son autonomie.
  • 22 octobre : Autorisation par le gouvernement républicain de la création des Brigades internationales.
  • 4 novembre entrée de la CNT dans le gouvernement Caballero.
  • 6 novembre : Début de l’offensive nationaliste sur Madrid.
  • 18 novembre : Reconnaissance officielle du gouvernement nationaliste par l’Italie et l’Allemagne.
  • 23 novembre : Fin de la bataille de Madrid, Franco renonce à attaquer Madrid de front, l’offensive nationaliste a échoué.
  • 17 décembre : La Pravda annonce qu’en Catalogne, le « nettoyage des trotskystes et des anarcho-syndicalistes adéjà commencé » Les agents de Staline effectueront ces purges.

1937

  • 6 février-28 février : Échec d’une nouvelle offensivefranquiste sur Madrid (bataille du Jarama).
  • 8 février : Prise de Malaga par le corps expéditionnaire italien.
  • 8 mars : Bataille deGuadalajara, défense desforces italiennes dans le secteur de Madrid (8-18 mars).
  • 18 mars : Les nationalistes encerclés à Guadalajara.
  • 19 mars : Le général Mola déclenche son offensive dans leNord.
  • 19 avril : Décret transformant la Phalange en parti unique dans la zone nationale.
  • 26 avril : Bombardement de Guernica, au Pays basque espagnol, par l’aviation allemande de la légion Condor, 1 500 civils tués.
  • 3 mai : Écrasement des insurgés anarchistes et marxistesde Barcelone par l’État républicain, le Komintern et le Parti communiste espagnol, opposés à toute révolution prolétarienne au nom du front populaire antifasciste. Passivité et collaboration des anarchistes du gouvernement, défaitisme des dirigeants du POUM.
  • 17 mai : Formation du gouvernement Negrín en zone républicaine.
  • 3 juin : Mort du général nationaliste Emilio Mola dans un accident d’avion.
  • 16 juin-17 juin : Mise hors-la-loi du POUM en zone républicaine et arrestation de ses principaux dirigeants.
  • 19 juin : Chute de Bilbao devant l’armée nationaliste.
  • 5 juillet-26 juillet : L’armée républicaine tente une opération de diversion lors de la bataillede Brunete, près de Madrid.
  • En août, des unités militaires communistes mettent fin à la collectivisation des terres en Aragon.
  • 24 août-27 septembre : Seconde opération de diversion desrépublicains lors de la bataillede Belchite en Aragon.
  • 21 octobre : Les franquistes achèvent la conquêtedes enclaves républicaines de la zone atlantique. Chute de Gijon et fin de la guerre dans le Nord.
  • 28 octobre : Le gouvernement républicain esttransféré à Barcelone.
  • 15 décembre : Offensive républicaine à Teruel.

1938

  • 8 janvier : Prise de Teruel par les républicains.
  • 1er février : Franco forme son premiergouvernement.
  • 22 février : Reprise de Teruel par lesfranquistes.
  • 13 mars : La France rouvre ses frontières au transit d’armes vers la zone républicaine.
  • 17 mars-19 mars : Les Italiens bombardent Barcelone, fief des républicains espagnols.
  • 5 avril : Le ministre socialiste Indalecio Prieto quitte le ministère de la défense sans avoirpu endiguer l’influence communiste et soviétique dans l’armée.
  • 15 avril : Les forces franquistes atteignent la Méditerranée et coupent l’Espagne républicaine en deux.
  • En juin, la France ferme à nouveau ses frontières avec l’Espagne républicaine.
  • 24 juillet : Dernière grande offensiverépublicaine sur l’Ebre.
  • Août : Nouvelle crise politique républicaine: le troisième gouvernement Negrin.
  • Octobre :Retrait des Brigades Internationales
  • 30 octobre : Contre-offensive franquiste surl’Ebre.
  • 16 novembre : Les républicains repoussés surl’autre rive de l’Ebre.
  • 23 décembre : Début de la campagne franquiste en Catalogne.

1939

  • 15 janvier : La France autorise à nouveau le transit d’armes vers la république espagnole.
  • 26 janvier : Chute de Barcelone, la Catalogne tombe aux mains des troupes franquistes, 450 000réfugiés espagnols parviennent en France où ils seront internés dans des camps.
  • 5 février : Achèvement de l’occupation de la Catalogne parles franquistes (5-10 février).
  • 27 février : La France et le Royaume-Uni reconnaissent Franco.
  • 28février : Démission d’Azaña.
  • 5 mars : Putsch intra-républicain du colonel Casado à Madrid (5-10 mars).
  • 6 mars : Fuite du président Negrin et des principaux dirigeants communistes espagnols.
  • 26 mars : Début de la reddition de l’armée républicaine.
  • 26 mars : Avance finale des troupes franquistes :reddition des armées républicaines, chute de Madrid.
  • 1er avril : Franco fait diffuser depuis Burgos l’« último parte », communiqué de victoire déclarant queles armées nationalistes ont atteint tous leurs objectifs militaires et que laguerre est terminée.